Dernier train régional.
Je suis seule. Je lis des trucs.Un type qui pue la gnôle se pose dans le compartiment à côté de moi. Il commence à me causer, monstre accent suisse-allemand, me demande ce que je fais, je dis que je fais de la philo, d’un ton un peu sec et prétentieux, pour le faire fuir.
Loin de l’effrayer, il adore. Il me demande alors:
“Et puis tu penses l’humanité il va se passer quoi?”Je ne réponds pas, fais ironiquement mine de réfléchir.
Il ajoute:
“Moi j’pense ça va jouer…”
Je suis en face d’un couple de vieux tristes.
Le contrôleur passe, je lui montre ma carte d’abonnement général.
Une fois le contrôleur parti, les deux vieux se mettent à “chuchoter”:
“Mais qu’est-ce que c’est? C’est une carte? Tout le monde peut l’avoir tu crois? Ça s’achète, hein, je pense. Peut-être que c’est pour tous les trains. Ça a l’air pas mal…”
Pensaient-ils vraiment que je ne les entendais pas?!
K*
ps. De nouveaux épisodes de l’Oreille qui traîne, des conversations entendues dans le train, suivront… je vous promets une histoire rocambolesque contée par une dure à cuire sortant du coma après une baston… A venir bientôt!
Un individu louche lorgne les voyageurs d’un oeil depuis sa poubelle, et des autocollants enfantins font une ronde sur une vitre.
Après le post de Duami montrant un dessin apparaissant comme par magie sur la vitre d’un train, voici deux autres exemples de customisations cffiennes rencontrées en Suisse.
L’Oreille qui traîne
K*
Très professionnel, le conducteur de l’Intercity n’a pas relâché son micro que les réactions fusent dans le train. Les voyageurs échangent des regards béats, des “eh ben!”, “C’est génial”, de grands sourires alors qu’ils ne s’étaient même pas regardés en prenant place. D’ailleurs ils se salueront comme de vieux amis en partant. Et oui, le foot ça rapproche… “Et ils nous amènent le champagne aussi?” me fait mon voisin d’en face, radieux. Le bonhomme du chariot ne passe pas par là avec des flûtes, mais en descendant à la gare de Neuchâtel, des T-shirts à croix blanche munis de cloches de vache hurlent leur ivresse. Puis en descendant au centre-ville, des patrouilleurs contrôlent qu’une des nombreuses voitures klaxonnantes n’écrase pas un piéton qui répond par de grands signes des bras aux autos arborant des drapeaux comme des cornes. Et les Helvètes n’ont pas fini de faire résonner leur joie! Il est 19h15 et les klaxons se course-poursuitent. La rue de l’Écluse parle foot sur les trottoirs. On devine que celui qui sourit moins est espagnol. Un homme euphorique d’origine indienne fait de grands sauts devant un bar. Et moi j’ai raté ce putain de match mais je suis fière de la Patrie du Fromage!
par Kantu que la fièvre ambiante a atteinte
Hystérie autour d’un Iphone
Pourquoi il ne faut pas laisser un Iphone à des ados… Les deux filles hurlent de rire durant tout le voyage en se faisant des couettes pour se prendre en photo. Je recopie cette phrase le sourire en coin, dans la marée de cris et de paroles euphoriques…
k*
L’Oreille qui traîne, dans le train. Un inconnu invisible brise le fil de mes réflexions par cette déclaration politiquement peu correcte. Un de ses amis essaie de le raisonner: “Tu veux dire que, t’as qu’un certain quota d’amour à distribuer? ça marche pas comme ça.” L’autre n’en démord pas.
par K
ps. dans un bouquin que je suis en train de lire dans le train que je ne nommerai pas, ce sont plutôt les femmes qui tiennent ce genre de propos… La réalité rencontre la fiction. Pourquoi lire un bouquin dans l’Intercity quand on peut écouter d’authentiques dialogues :)
Pendulaire, l’enfer!
Pas pensé qu’un jour un ronfleur invisible m’empêcherait de travailler dans le train.
par K*
Après quelques heures de Train à Grande Vitesse, me voilà de retour sur le territoire helvétique. Je suis ravie car, pour la toute première fois depuis que je me balade en wagons sncfiens, j’ai fait un voyage sans histoires. Pas de train annulé, pas de grève, pas de retard. Exceptionnel et très agréable!
Très confiante donc, je monte dans l’InterCity qui me mènera à Neuchâtel. Le wagon est semi vide. C’est super. Je m’installe avec la ferme intention de réviser mon examen du lendemain avec fougue.
Mais une femme s’asseye dans le siège inoccupé à côté du mien. Avec sa…ses deux…ses trois gamins!!! Paniquée, je lorgne le wagon vide: une impulsion me pousse à m’éloigner de ce que je détermine comme une source de Chaos.
Dimanche soir, dans le train, je me trouve assise à côté de militaires. La manière dont ils parlent est assez drôle, j’ai l’impression d’être non dans un train suisse mais dans une bande dessinée ! Ainsi, la contrôleuse se retrouve affublée de l’étiquette “la nerveuse du sifflet”, et n’auriez-vous pas croisé “le ptit bonhomme du chariot” ? C’est que monsieur le militaire a faim et soif !
Un téléphone sonne… parleriez-vous ainsi à vos amis, vous ? “Tu fais quoi avec ton natel, faut pas le mettre dans la bouche quand tu réponds ! […] mais tu sers vraiment à rien jusqu’au bout toi […] t’en as pas marre d’être con ?”
voilà voilà !
Envoyé par Tania - merci merci!