L’Oreille qui traîne
K*
Après quelques heures de Train à Grande Vitesse, me voilà de retour sur le territoire helvétique. Je suis ravie car, pour la toute première fois depuis que je me balade en wagons sncfiens, j’ai fait un voyage sans histoires. Pas de train annulé, pas de grève, pas de retard. Exceptionnel et très agréable!
Très confiante donc, je monte dans l’InterCity qui me mènera à Neuchâtel. Le wagon est semi vide. C’est super. Je m’installe avec la ferme intention de réviser mon examen du lendemain avec fougue.
Mais une femme s’asseye dans le siège inoccupé à côté du mien. Avec sa…ses deux…ses trois gamins!!! Paniquée, je lorgne le wagon vide: une impulsion me pousse à m’éloigner de ce que je détermine comme une source de Chaos.
[L’oreille qui traîne - 2010]
Assise dans un TGV quelconque, bercée par le sentiment du vent qui file sur ses flancs de métal, je suis soudainement tirée de ma contemplation de la campagne française par une petite voix enthousiaste:
“Avec ses muscles, Guerrier Rouge fait tourner la tête aux divas! Wouah, tu l’as vu?”
L’auteur de ces paroles est un gamin assis devant moi. Mais de quoi parle-t’il? Je guigne entre les deux sièges. Il n’a pas plus de 8 ans. Il tient un magazine à la main…un magazine de catch! Il le lit à haute voix à son frangin, aussi émerveillé que lui par les corps huilés de ses idoles.
Et je me marre en écoutant le gamin continuer sa lecture vantant la virilité catcheresse, que les deux frangins interrompent de remarques admiratives. Sans doute rêvent-ils de ressembler à deux montagnes de muscles luisantes quand ils seront grands. Et je les imagine répondre aux questions des adultes sur leurs aspirations futures: Plus tard, je veux être catcheur!
par Kantu, dont le catcheur préféré reste Pierre S.!
*Information importante: Guerrier Rouge n’existe pas, je n’ai pas réussi à mémoriser le nom du catcheur vedette en question, mais c’était quelque chose du style.
Et vous, si vous étiez catcheur, comment vous appeleriez-vous?

J’ai pris le TGV pour aller plus vite, pour dépasser le mur du son, pour voir flamber le paysage en un éclair, pour que tout se mélange et ne rien discerner.
Mais sa vitesse m’a déçu, le S1 train régional nous a dépassé sans peine.
TGV, symbole perdu, qui glisse sur les rails grâce à du beurre fondu, répandu par des mains habiles munies de seaux…
En un long zip me voilà arrivée. Vive la capitale.
Ziiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiip!
une désillusion de Kantu