Les Rats d'Egout

UN REGARD DECALE SUR LA VIE URBAINE

Les Rats vous emmènent dans leur royaume: la ville. Vous rencontrerez les individus étranges qui la peuplent. Jetterez un coup d’œil à la dérobée aux œuvres éphémères offertes aux murs gris par les street artistes. L'oreille toujours aux aguets, vous capterez les paroles absurdes des passants...

Rubriques
Street art
L'oreille qui traîne
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Anecdotes
Dans les transports publics...

N'hésitez pas à fouiller dans les archives, les Rats sont à présent partis vers d'autres aventures blogesques.
Vous pouvez lire K* sur son blog d'expat Y'a pas le feu au lac! ou sur son carnet de découvertes, escapades, lectures Birds&Bicycles.
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Un tram est un lieu public comme un autre, alors il y a des choses dégoûtantes qu’on ne devrait pas y voir comme ce bébé… Oh, en fait, ce n’était plus vraiment un bébé, mais un garçonnet de trois ans. Le problème, c’était pas lui: il avait une bonne bouille et n’arrêtait pas de crier debout sur un siège, à côté de sa mère qui ne l’entend plus à force. Elle discute avec sa copine sans être assourdie comme les autres voyageurs.

D’un coup, elle attrape le gosse comme un paquet, le retourne, et hop, à même le siège, elle lui change sa couche, devant les voyageurs. La vieille couche finit jetée entre deux sièges, dans un sachet plastique. Berk.

En tout cas, si les sièges de tram deviennent des tables à langer, moi je ne m’assois plus: non monsieur, je reste debout!

Il paraît que Dieu est un fumeur de havanes.

Un viel alcoolique, 9 heures du matin, sa bière à la main, tente d’engager la conversation avec H. à un arrêt de tram montpelliérain.

Hé, tu es étudiant? Il paraît que Dieu est un fumeur de havanes…

Tout commence avec le beurre salé. C’est bon le beurre salé, c’est merveilleux avec des tartines, mais on sous-estime le militantisme et l’influence qui se cache dans cette plaquette de beurre.

Vivre avec un Breton | Le Monde Tranquille de Marion

Un témoignage hilarant sur les petites manies des Bretons et leurs travers…

À lire en entier ici!

(via carnetdenote)

(via carnetdenote)

Epreuve. Un élève me demande: “Madame, j’ai plus de place pour écrire le mot, ça va si je mets une obélisque et je vous l’écris en bas de la feuille?” 

Je n’ai pas pu me retenir de rire. Il n’a pas compris tout de suite, je lui ai expliqué. Réplique: “Oh vous savez, Astérix, Obélix…” ^^

Dilan, une prof de G’nève

Comme le temps se fait frisquet, c’est l’occasion ou jamais de vous dévoiler ma petite collection de sandales avec chaussettes. J’espère d’ailleurs pouvoir la compléter durant la saison froide.

Ces clichés ont été volés à Neuchâtel, pour la plupart, dans la rue ou au marché, sauf un, surpris dans les rues de Montpellier. Leur flouteur s’explique par mon fou-rire et le mouvement des pieds. 

Même si cela risque de revenir à la mode, pour l’instant, porter des chaussettes avec des sandales reste une faute de goût anthologique, sauf si elles sont en laine, que le porteur a une barbe grise de trente centimètres au moins et un bâton de marche ou de berger (et qu’il parle suisse-allemand).

Cette nuit là, les transports en commun nous offraient des forfaits de transport à prix réduit. Les deux sièges derrière le chauffeur étaient occupés par une petite fille couchée qui dormait à poings fermés. Derrière elle, sa mère et son frère conversaient avec une dame assise sur la banquette d’à côté. En écoutant leur conversation, j’appris que c’était la famille du chauffeur. Les enfants avaient insisté pour faire des tours dans le bus de leur Papa. Alors que je descendais au terminus, il s’est levé de son siège pour les embrasser.

Merci E. pour cette chouette anecdote

J’ai encore rencontré une de ces personnes géniales qui te tiennent un monstre discours CONTRE les médicaments, CONTRE les vaccins et ce genre de “saloperies” avant de s’allumer une clope.

Et je ris!!!

Il y a des jours où la ville n’est pas cette agitation démesurée, cette vibration flippante qui vous fait parfois regretter le temps où on roulait en carosse sur des chemins pavés de bonnes intentions. Aujourd’hui est un jour comme celui-là. Je suis dans une pizzeria, échoué à ce coin de rue par je ne sais quel hasard. Ou plutôt je sais. Mais ce n’est pas vraiment important pour l’histoire.

Je bois une bière. Puis vient une famille. Le père porte une polaire rouge ornée du logo Ferrari. Une polaire de mauvais goût. Une polaire qui révèle déjà le manque de tact, le manque de justesse, le manque d’élégance, le manque de tout. On peut dire beaucoup de choses de quelqu’un en regardant simplement la polaire qu’il porte. Sa femme est assise à côté de lui sur sa gauche. Ses yeux sont fatigués. Non. Pas vraiment fatigués. Plutôt éteints. Dans le vague mais avec cette petite lueur de force qui la maintient en vie. En face d’elle, probablement la grand-mère. Sans doute la mère de cette femme. Cheveux grisonnants. A sa gauche, la fille. Cheveux teints en noirs, col roulé blanc et un de ces jeans délavés en vogue de nos jours. Et enfin le deuxième enfant, un garçon qui tient son natel comme si c’était une pierre précieuse.

Ces gens commandent une pizza. Une pizza qui mettra beaucoup de temps pour venir. probablement 45 minutes. Trois quart d’heures, cela ne paraît rien. Mais ça peut être suffisant pour révéler l’absence de lien, le silence pesant qui règne dans une famille. Car durant ces 45 minutes, ils ne se diront rien. Oui, rien du tout. Ils resteront là figés comme des robots. Comme des mannequins de cire. Et puis le père rompt le silence. Pour dire à sa fille qu’elle est trop grosse et qu’elle l’a bien cherché. Car quand on ne sait plus quoi se dire, l’attaque et l’insulte sont de bons moyens pour noyer le vide. La jeune fille, c’est vrai, a un peu d’embonpoint. Mais rien de très grave. Et puis, quand on sait que le nombre de personnes en surpoids a dépassé le nombre de mal-nourris dans le monde, rien de très grave.

Je fixe ces gens. Et la pizza qui ne vient toujours pas. La pizza qui semble accrochée au four du cuisinier, prenant un malin plaisir à écouter le silence d’une famille qui n’en est plus vraiment une. Le père continue ses attaques. La mère défend mollement sa fille. On la comprend. Elle a dû endurer tellement pire. Quand on vous humilie tous les jours, il vient un moment où l’on devient mollusque. La stratégie de la liquéfaction. Vous la voyez tous les jours quand des jeunes déboulent dans un train musique à fond et que personne n’ose dire quoi que ce soit. La société liquéfiée.

Et puis la pizza vient. Moment de petit frémissement, imperceptible mouvement. Quelques mots s’esquissent. Une conversation éclot. Une goutte de pluie fine, translucide, dans un océan de langage confisqué. On a confisqué le langage à ces gens, ce n’est pas possible. Rassure-moi. Je ne suis pas fou. Je vois bien ces gens devant moi, rassurez-moi. Je ne délire pas?  Pourquoi les 36000 mots de la langue française n’ont pas réussi à se frayer un chemin dans ces cinq cerveaux. Ils sont peut-être sourds. Non, non, ils ne le sont pas.

J’ai envie d’aller les serrer dans mes bras. Leur dire que ce n’est pas si grave après tout. Qu’on a toute la vie pour se parler, pour se murmurer de belles choses, pour se dire combien on est fiers les uns des autres. J’ai envie de leur prendre la main, de les inviter chez moi, de leur jouer un air de guitare joyeux. Mais j’ai aussi envie de leur jeter des dictionnaires à la figure, de leur réciter l’alphabet, de les frapper avec mon gros bouquin qui traine dans mon sac à dos.

J’ai envie de tout ça, mais je n’y vais pas. La société liquéfiée.

par J.

Deux bars, deux visions…

Le patron du bistrot le “3ème” à Bulle expose ses photos de cendriers dans son établissement. “J’aime fumer”, “Quand je fume, j’arrive mieux à me concentrer” ou encore “Fumer me rend heureux”: autant de slogans que les accros à la clope apprécieront et cela à quelques semaines de l’entrée en vigueur de l’interdiction de fumer dans le canton de Fribourg.

Toute autre ambiance au “Charlot” à Neuchâtel où un écran de télévision diffuse toute la soirée des reportages de la chaîne animalière “Animaux”… ça change des clips, non?… Qu’en pensez-vous?

Par Duami qui passe décidèment beaucoup de temps dans les bars…

- Vu cet été, sur l’autoroute entre Montreux et Villeneuve -

L’autoroute, point de passage entre centres urbains, peut devenir un lieu étrange où certains n’hésitent pas à afficher leur fantasme à l’arrière de leur voiture… attention aux sorties de routes!

Par Duami, le retour.

Dur, dur d’être… un miroir de hall d’immeuble.

Visages plissés, mines déconfites… qui ne s’est jamais regardé en vitesse le matin dans le miroir de son immeuble, histoire de ne pas partir au boulot avec un reste de caca d’oeil ou de dentifrice au coin de la bouche?

Et bien la semaine passée, alors que je voulais m’adonner à mon inspection corporelle habituelle, à la place de ma mine déconfite, je découvre ceci :

affiche immeuble

Un cri du coeur que j’ai pris en pleine tronche. Le furax locataire avait tout compris :

pour attirer l’attention de ses voisins, rien de plus facile que de les prendre en flagrant délit d’égocentrisme visuel. Mais pour comprendre toute l’histoire, il faut revenir un peu en arrière.
Une semaine auparavant, le locataire (furax mais il ne l’était pas encore…) avait placardé une autre affiche pour promouvoir une chorale de gospel. Grande avait été alors la tentation d’arracher l’affiche lorsque face au miroir, je ne pouvais pas inspecter ma mine rabougrie. Mais je n’avais pas cédé à la tentation et m’étais résignée à faire le deuil de ce rituel matinal.

Apparemment, un autre locataire n’a pas eu autant de scrupules et l’affiche n’a pas survécu une seule journée. La suite vous la connaissez : le locataire furax a pris d’otage le miroir de mon immeuble et sa hargne y est toujours affichée, reste à savoir jusqu’à quand…

Par Duami, le retour.

  • Au milieu des travaux du centre-ville d'une minipole suisse, un bus freine...
  • Un vieux: Bordel de Dieu!
  • Sa femme (au chauffeur): Vous devez pas rire tous les jours!
  • Le chauffeur: Si, si!
  • Moralité, 0.
  • par K*

Un train en retard, un retraité qui râle, chronique de la vie de tous les jours par notre camarade Loïc Delacour sur le Lausanne Bondy Blog.

Cette anecdote pourrait être l’Épisode 3 de la saga “les personnes âgées cherchent le contact” sauf que le grand-père en question ne s’émerveille pas sur l’étincellance des trams, non il ne s’intéresse pas aux outils des caissières, celui-là, il est grognon, et il critique tout!