Payerne, en face des bureaux de “La Liberté”. En plus des mains tagées, le conducteur de ce sympathique véhicule a peint le drapeau suisse sur le toit de sa voiture. Peut-être un rituel pictural pour porter chance à la Nati? ou l’artiste a tout simplement péter les plombs après que la Suisse a battu l’Espagne… j’aime cette folie. Duami.
Très professionnel, le conducteur de l’Intercity n’a pas relâché son micro que les réactions fusent dans le train. Les voyageurs échangent des regards béats, des “eh ben!”, “C’est génial”, de grands sourires alors qu’ils ne s’étaient même pas regardés en prenant place. D’ailleurs ils se salueront comme de vieux amis en partant. Et oui, le foot ça rapproche… “Et ils nous amènent le champagne aussi?” me fait mon voisin d’en face, radieux. Le bonhomme du chariot ne passe pas par là avec des flûtes, mais en descendant à la gare de Neuchâtel, des T-shirts à croix blanche munis de cloches de vache hurlent leur ivresse. Puis en descendant au centre-ville, des patrouilleurs contrôlent qu’une des nombreuses voitures klaxonnantes n’écrase pas un piéton qui répond par de grands signes des bras aux autos arborant des drapeaux comme des cornes. Et les Helvètes n’ont pas fini de faire résonner leur joie! Il est 19h15 et les klaxons se course-poursuitent. La rue de l’Écluse parle foot sur les trottoirs. On devine que celui qui sourit moins est espagnol. Un homme euphorique d’origine indienne fait de grands sauts devant un bar. Et moi j’ai raté ce putain de match mais je suis fière de la Patrie du Fromage!
par Kantu que la fièvre ambiante a atteinte