Les Rats d'Egout

UN REGARD DECALE SUR LA VIE URBAINE

Les Rats vous emmènent dans leur royaume: la ville. Vous rencontrerez les individus étranges qui la peuplent. Jetterez un coup d’œil à la dérobée aux œuvres éphémères offertes aux murs gris par les street artistes. L'oreille toujours aux aguets, vous capterez les paroles absurdes des passants...

Rubriques
Street art
L'oreille qui traîne
Photos insolites
Anecdotes
Dans les transports publics...

N'hésitez pas à fouiller dans les archives, les Rats sont à présent partis vers d'autres aventures blogesques.
Vous pouvez lire K* sur son blog d'expat Y'a pas le feu au lac! ou sur son carnet de découvertes, escapades, lectures Birds&Bicycles.
[Dans le train pour les Hauts-Geneveys]
Le musicien silencieux
Sur la banquette d’à côté, il y a un jeune homme avec une guitare. Il tourne le dos aux voyageurs du train. Son chapeau de paille est posé sur la tablette. Le siège en face de lui supporte la fourre de sa gratte. Il est très concentré, ses doigts coulent sur sa guitare foncée, laquée, doucement, il joue un morceau de jazz manouche. Il se veut discret, mais autour de lui le monde n’existe plus. Il n’y a que lui et son instrument, au milieu d’un univers à une seule dimension, tactile.
On traverse un tunnel. Oh perturbation atroce! L’air est aspiré dans un grand bruit. Le jeune musicien se lève et ferme sèchement la fenêtre, agacé. Sans jeter un regard autour de lui. Avec une urgence fougueuse,  il se saisit à nouveau du manche.
Personne dans le train ne lui prête attention. Pas même le voyageur assis face à moi avec deux pneus de vélo. Les cordes crissent. Le train étouffe les notes. Et c’est dans la transparence réciproque que chacun fait son voyage dans le wagon.
*Rhino

[Dans le train pour les Hauts-Geneveys]

Le musicien silencieux

Sur la banquette d’à côté, il y a un jeune homme avec une guitare. Il tourne le dos aux voyageurs du train. Son chapeau de paille est posé sur la tablette. Le siège en face de lui supporte la fourre de sa gratte. Il est très concentré, ses doigts coulent sur sa guitare foncée, laquée, doucement, il joue un morceau de jazz manouche. Il se veut discret, mais autour de lui le monde n’existe plus. Il n’y a que lui et son instrument, au milieu d’un univers à une seule dimension, tactile.

On traverse un tunnel. Oh perturbation atroce! L’air est aspiré dans un grand bruit. Le jeune musicien se lève et ferme sèchement la fenêtre, agacé. Sans jeter un regard autour de lui. Avec une urgence fougueuse,  il se saisit à nouveau du manche.

Personne dans le train ne lui prête attention. Pas même le voyageur assis face à moi avec deux pneus de vélo. Les cordes crissent. Le train étouffe les notes. Et c’est dans la transparence réciproque que chacun fait son voyage dans le wagon.

*Rhino